‘Lifestyle’ avec inspiration photo-journalistique… ça mange quoi en hiver?

Mon mari est un gros nerd de musique, du genre qui décrit ses nouveaux albums (oui, il achète encore des albums… c’est ce genre de nerd là) avec des noms de styles tellement farfelus que je me demande parfois s’il ne les invente pas au fur et à mesure (du ‘freak folk islandais’? Vraiment?).

Mais en photo… c’est pas mal la même chose. Il y a cinquante ans, on trouvait des photographes… aujourd’hui, il y a des ‘photographe studio en lumière naturelle’, des ‘photographes lifestyle en extérieur’ et il y a certainement de quoi s’y perdre.

La photo studio, ok, on sait à quoi s’attendre. La qualité et le prix varient du très bas de gamme (pensez ‘photo d’école’) au très haut de gamme, mais il y aura un fond de scène, un système d’éclairage contrôlé, et des sujets qui sourient tous ensemble à la caméra.

La photo lifestyle, c’est ce que j’appelle ‘la vraie vie… améliorée’. L’émotion est authentique, mais on modifie l’environnement pour obtenir une photo plus soignée. Ça peut être d’orienter ses sujets pour avoir un éclairage plus flatteur, ou interagir avec un bambin pour le faire rire aux éclats. Il y a un peu d’artifice, mais rien qui n’aurait pas pu se produire naturellement si on avait été assez chanceux et patient.

Le photo-journalisme, c’est photographier ce qui est là sans aucune intéraction du photographe avec l’environnement ou l’éclairage. On prend les familles exactement comme elles sont, jouets éparpillés en arrière-plan et binettes sales incluses. C’est un créneau  beaucoup plus rare en photographie commerciale, mais qui m’attire de plus en plus.

Personnellement, je joue entre le lifestyle et le photo-journalisme. Les puristes de photo-journalisme crieraient à la tricherie parce que je vais, par exemple, ouvrir les rideaux pour obtenir un meilleur éclairage, ou donner une pichenette au hasard pour aller chercher l’émotion que je veux. Mais, et surtout quand je photographie des bambins ou des enfants d’âge préscolaire, je laisse toujours une grande place à la spontanéité et l’imperfection.

Prenons ces deux photos: la première est solidement dans le camp ‘lifestyle’. Ma fille avait reçu une jolie tuque pour Noël et j’ai délibérément sorti mon appareil photo ce jour là en me disant que j’essayerais de faire un beau portrait. On a joué ensemble au parc, puis je lui ai proposé de prendre quelques photos. Au début, ses sourires étaient figés, mais en jasant, en faisant quelques folies… j’ai fait ressortir son vrai sourire.  La seconde, c’est plus proche du photo-journalisme. Nous étions dans le bus et, voyant que la lumière était belle, j’ai sorti mon appareil photo et j’ai croqué cette image touchante.

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Si je me fie à mon expérience personnelle, la photo ‘lifestyle’ est celle qui obtient le plus de ‘j’aime’ sur Facebook (et celle qui se vend souvent le mieux, surtout auprès des grand-parents). Mais la photo journalistique est celle qui me hante encore des mois plus tard, et que je voudrai mettre dans notre album annuel.

Mais bien sûr, tout n’est pas noir ou blanc. Certains sujets, comme la photo maternité, se portent plus à une photo plus travaillée, où on contrôle plus la pose pour obtenir une belle silhouette et aussi mettre la future maman à l’aise (paradoxalement… une pose plus dirigée = sujet plus à l’aise ). D’autres sujets – un bambin en plein terrible deux, disons – vont beaucoup mieux fonctionner avec une approche plus naturelle. J’essaie toujours de faire une balance entre photos plus formelles et photos plus spontanées pour donner à mes clients des options pour leurs différents besoins. Maisj’ai aussi besoin de savoir ce qui vous attire dans ma photo, et de quel côté du spectre vous vous trouvez.